Pas facile de dessiner une main ... j'imagine que sur les bateaux c'est la première chose qui s'abime, la main. Le fil de l'eau n'est pas bien loin du fil du temps.
Essais en perspective, avec un fond grisé.
Pas facile de dessiner une main ... j'imagine que sur les bateaux c'est la première chose qui s'abime, la main. Le fil de l'eau n'est pas bien loin du fil du temps.
Essais en perspective, avec un fond grisé.
Les sculptures de Rodin font surgir la sensation du désir du corps, dans les volutes et les rondeurs d'un bras, d'un dos, d'une torsion. Peu importe que le corps soit seul ou en prise avec un autre : la sensualité palpite, ou se répand lentement hors de sa matérialité.
Rodin se servait de photographies pour retravailler ses sculptures. La photographie ouvre un autre univers fantasmatique, au-delà des corps : dans cet univers-là, la nuit et le brouillard donnent vie à un Balzac posé comme une statue de commandeur dans le crépuscule ; des têtes-à-têtes inattendus entre l'objet et le réel font soudain de ces oeuvres des créatures à part entière ; la fragilité du processus créatif se révèle sous les coups de crayons, les traces de corrections apportés aux photographies.
J'ai changé de crayon, celui-là est plus gras.
Au bord du canal de Bourgogne :
Fontainebleau :
Une affiche de conte russe :
La première traversée du globe en solitaire est loin des récits du Vendée Globe actuel. Pour cette première fois, un seul bateau rentra à bon port, celui d'Eric Tabarly. Les autres
abandonnèrent la course ou se perdirent en mer. On les retrouva plus ou moins vite, mais après quelques mois il manquait encore un navire à l'appel.
L'histoire de ce voilier perdu évoque une distorsion du temps, et, on va le voir, une distorsion de la personnalité. Lorsqu'on retrouva le navire, il n'y avait plus personne à bord, mais le
navigateur avait laissé son carnet de bord. En fait, deux carnets de bord. Le premier raconte comment il comprend un jour qu'il s'est perdu et décide d'ancrer en pleine mer ; l'homme se désespère
d'être jamais retrouvé, il répète ses calculs, se ronge d'attente et de désespoir. Le second carnert de bord est tenu par un homme qui a pris parti de son immobilité, lui. Il raconte comme la mer
est belle et calme, comment il passe des journées agréables à pêcher le poisson, à se dorer au soleil ; il a oublié les raisons de sa présence dans ce lieu idyllique et isolé. Pas d'évocation de
la course, d'un ailleurs qui était sa vie, avant.
Un jour l'un des deux hommes décida de passer par dessus bord. C'est un voilier désert qu'ont retrouvé les organisateurs de la course. Avec, à bord, deux carnets.
Je me suis équipé d'un petit bloc et d'un simple crayon à papier, et je croque en attendant le départ les objets de souvenirs fugaces.
Problème : je ne sais pas dessiner ...
Bienvenue sur le Bragance, un navire tranquille et pas pressé qui n'a pas bien décidé de sa destination ...
J'adore les navigateurs, les explorateurs. Pourtant je n'irai pas suivre le Vendée Globe ni les traversées en chameau du Taklamakan : je préfère le mythe, dans son aspect prométhéen, mais je
préfère aussi que le mythe évite le tragique. Première manifestation de ce goût, l'histoire de l'Endurance et de Sir Ernest Shakleton, histoire d'un échec généreux.
Un extrait de l'annonce publiée par Shakleton :
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